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TOUCHEZ SA BOSSE!

 

 

-Igor
TFM Distribution - 1h20

De Anthony Leondis. Avec les voix de : William Coryn, Perette Pradier, Jean-Luc Atlan...

Il y a encore quelques temps, à l’approche des fêtes de fin d’année, les films d’animations envahissaient les salles obscures pour le plaisir des petits, parfois au désespoir des plus grands qui se sentaient matraqués par l’offre écrasante. Cette année la donne change puisque Madagascar 2, déjà sorti, ne partagera l’affiche qu’avec Niko Le Petit Renne (le 17 décembre également) et Igor, qui nous a semblé plus que convaincant.

en salle le 17/12/2008
>> accueil

- par Jérôme CASSÉ -

 

- concurrence -

En matière d’animation, il est plutôt difficile voire inconcevable de ne pas constater la lutte fratricide que se livrent les deux géants du secteur que sont Pixar et Dreamworks (nous l'avions déjà évoquée dans nos pages). Le 3 décembre, les studios de ce dernier affichaient une fois de plus un succès artistique et financier avec la sortie de Madagascar 2. Pixar se réservant une part du gâteau pour le mois de février avec la sortie de leur nouvelle création, Volt, Qui pourrait, en cette période festive et de consommation, concurrencer Dreamworks et ses stars en 3D ? La réponse tient en tout et pour tout dans une grosse bosse dorsale, sous laquelle se cache une touche d’originalité et de trouvailles réjouissantes répondant au nom slave d’Igor.

Produit par John D. Eraklis et Max Howard et non par un grand studio, le film a bénéficié des multiples talents d’une équipe de passionnés, à l'expérience éprouvée. Tony Leondis, le réalisateur, n’en est pas à son coup d’essai en matière d’animation puisqu’il a réalisé Lilo Et Stitch 2 et collaboré à l’écriture du Prince D’Egypte et de La Ferme Se Rebelle, tous trois des succès Disney. A noter la présence (Cocorico !) de quelques "frenchies" dans l’équipe artistique, tels que Olivier Besson (Directeur Artistique), Hervé Schneid (Chef Monteur) ou encore Valérie Hadida (Création des personnages).

- au pays des savants fous - 

Igor dénote une approche nouvelle dans la manière de caractériser le héros et l’univers dans lequel il évolue. Le scénario, écrit par Chris McKenna (scénariste et producteur de la décapante et irrévérencieuse série d’animation American Dad), est ponctué par les antagonismes avec les us et coutumes de la profession, spécifiquement en matière d’écriture pour enfant.

Ainsi l’histoire d’Igor prend place dans un pays isolé répondant au doux nom de Malaria. Depuis plusieurs années, le ciel de Malaria est couvert de nuages noirs, venus d'on ne sais où et n’ayant pas l’air de vouloir en partir. Avec la disparition de la lumière du soleil, l’agriculture est devenue impossible, plongeant le pays dans une profonde dépression économique. Pour remédier à cela, Malbert, Roi de Malaria, a décidé d’imposer une nouvelle activité économique, celle du marché de la peur et de la terreur, en s'octroyant les services des plus terribles des savants fous. Leur mission? Créer les plus horribles des fléaux de toute nature, dans le but de menacer la paix et la tranquillité de la planète et de tirer profit d’un chantage macabre.

C’est ainsi que le pays de Malaria prospère depuis des lustres, en menaçant et soutirant de l’argent au reste du monde. Dans ce pays où le morbide est roi, les savants fous, véritables stars, sont secondés par d’inévitables serviteurs bossus, les «Igors». Portant tous le même nom et destinés dès leur naissance à ce cruel destin de servitude, il en est un qui rêve de grandeur et dont les capacités d’invention et de création vont changer le destin, le sien comme celui de la population.

- quand souffrir est un plaisir -

Igor divertira sans nul doute les petits et les grands. Ces derniers y verront peut-être aussi une manière détournée, enfantine et sarcastique de dénoncer un système politique qui fait encore fureur aujourd’hui. Car enfin, comment ne pas voir dans le Roi Malbert, manipulateur et exploiteur des peurs d’autrui, une référence à certains chefs d’Etat de notre ère ? Mais attention là n’est pas l’intérêt du film. On notera simplement au passage la touche satirique apportée par le grinçant Chris McKenna.

Car Igor est véritablement un divertissement. Un bon qui plus est. L’univers graphique est réussi et se démarque par ses ambiances et ses décors sombres et macabres, dont Malaria regorge. Igor et son monde sont ainsi comparables à l’atmosphère funèbre d’un Beetlejuice façon Tim Burton. Comme dans L’Autre Monde de celui-ci, les habitants de Malaria aiment le noir, la peur et les monstres. Sans oublier que se blesser ou même se faire tuer sont choses courantes et même normales... voire agréables. Grâce aux talents des savants fous, rien de plus simple que de ressusciter, même si le résultat n’est pas toujours au point (quelques séquelles peuvent advenir).

- heros malgre lui -

Igor, notre Igor, est, dans un premier temps, un personnage aux ambitions presque classiques. Au plus bas de l’échelle sociale, son plus cher désir est de remporter le trophée annuel récompensant le plus génial et le plus méchant des savants. Les rêves de grandeur sont souvent caractéristiques des héros mythologiques. Seulement Igor montre une ambition tellement démesurée qu’il en oublie d’être un gentil garçon et d’appliquer certains principes d’humanité. Après tout, les habitants de Malaria ne sont pas réputés pour leur sympathie. Sans être foncièrement méchant, Igor n’est pas non plus foncièrement bon, ce qui ne le rend pas niaisement attachant. Ces acolytes (puisqu’il en faut bien à notre héros), les déglingués Brain (un cerveau sur roues) et Rapidos (un lapin immortel aux tendances suicidaires), sont des trouvailles hilarantes et brillantes d’humour noir.

Igor est un film d’animation d’un genre nouveau, sans être révolutionnaire pour autant. Les personnages et l’ambiance en convaincront plus d’un, notamment ceux qui pourraient être lassés des standards de Pixar et Dreamworks. Ne boudez pas votre plaisirfin17/12/2008

- igor, entouré de Rapidos et brain -

 

 

 

 

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