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LA LEGENDE
AU BOUT DU CANON

 

 

-Mesrine L'Instinct De Mort
Pathé Distribution - 2h12

Réalisation : Jean-François Richet - Avec : Vincent Cassel, Ludivine Sagnier, Mathieu Amalric, Samuel Le Bihan, Gérard Lanvin...

Il y a trois semaines, Mesrine L’Instinct De Mort vous laissait en plan, à mi-chemin d’une histoire captivante, celle de l’ex-ennemi N°1 français, resté dans les mémoires pour son audace, sa verve, et son goût pour la médiatisation à outrance. Pas de panique, l’attente est maintenant finie. Vous pouvez désormais vous ruer nombreux dans les salles et vous visser dans vos sièges pour dévorer la suite du passionnant diptyque de Jean-François Richet, avec Cassel dans le rôle de « l’homme aux mille visages ».

en salle le 19/11/2008
>> accueil

- par Gert-Peter BRUCH -

 

- Mise en bouche - 

Ce second volet commence comme le premier. Rendez-vous Porte de Clignancourt, à quelques instants de la mise à mort de Mesrine. Cette fois-ci on en verra un peu plus, jusqu’à la cohue des journalistes assoiffés du sang du gangster qui leur à tant fait vendre de papier.

Beaucoup plus décousu que son prédécesseur (et moins surprenant, car cette partie de la "carrière" du gangster est plus connue), Mesrine L’Ennemi Public N°1, une fois cette intro redondante passée, va nous balader, de flashback en flashback, vers les temps forts des dernières années du maître du crime.

- retour d’un gangster qui fait le poids - 

C’est un Cassel transformé que l’on retrouve dès le début du film. Mesrine a pris du poids, dans tous les sens du terme. Ce n’est plus le gangster somme toute assez modeste qui avait quitté la France à la fin des années 1960. Celui qui revient dans l’hexagone, à l’orée des « seventies », à gagné ses galons de cador du crime. Ce cador là est plus mordant, plus insolent que jamais. Et lorsqu’il braque plusieurs banques d’affilée, on sent sa jubilation et on comprend sa motivation. Avec l’adrénaline que lui procure ses braquages, Mesrine prend un pied d’enfer. Il y a les femmes et il y a ce second plaisir, qui se savoure sans modération.

- L’as du camouflage - 

Arrêté une première fois à son retour, Mesrine fait une évasion spectaculaire qui laissera pantois le spectateur. Devant une telle scène on ne peut que penser « c’est du cinéma » puis on se souvient qu’il s’agit d’un biopic très fidèle et on en reste bouche bée. Les apparences sont évidemment trompeuses : le personnage pesant que joue la mari de Monica Bellucci a tout de l’anguille. Cela le rend plus insaisissable encore.

Insaisissable, Mesrine l’est assurément, dégonflé, certainement pas ! La preuve lorsqu’il se grime pour rendre visite à son père mourrant, tout en sachant que ce dernier est sous surveillance. Mais les flics planqués lors de l’enterrement rentreront bredouilles. Téméraire, mais pas fou l’oiseau. Mesrine qui a la chance d’avoir un visage somme toute assez passe-partout, se transforme à la manière d’un Guevara en exil. Une moustache et le voici méconnaissable. Un béret et vous n’y voyez que du feu. Une paire de lunettes fumées et il devient aussi transparent et limpide que l’eau d’un ruisseau.

Vincent Cassel se glisse dans les camouflages de Mesrine avec aisance, tel le caméléon qu’il est lui-même depuis ses débuts au cinéma. N’oublions pas qu’on l’a connu « caillera » dans La Haine, Panthère Rose de luxe dans Ocean’s Twelve ou Marquis de machin-chose dans Le Pacte Des Loups. Monsieur à de l’entraînement.

- Broussard, de l’autre côté du miroir -

En face de tout bandit mythique il y a forcément un flic d’envergure, qui le devient aussi, surtout si l’histoire finit mal. « Introducing » le commissaire Broussard alias Olivier Gourmet, qui aime presque autant les médias que le bandit qu’il traque. Son visage barbu, si souriant lors des images d’actualité montrant le corps de Mesrine criblé de balles à Clignancourt, est indissociable de cette histoire entrée dans les annales de la PJ. C’est d’ailleurs grâce à son bandit fétiche, que le vrai commissaire fait toujours la joie des plateaux télés, trente ans plus tard… Merci qui ?

La première rencontre des deux bonhommes fait partie de la légende. Elle ne pouvait qu’être l’une des scènes marquantes du film. Opération réussie. Repéré puis cerné par Broussard et son équipe, Mesrine le provoque et dicte ses conditions ! Il se rend en sabrant le champagne pour une arrestation « qui à de la gueule » en lançant à celui qui l’embarque « à la revoyure ». Et tout est vrai. Mesrine était un acteur né. Magnifique dans l’impro et la réplique qui tue. Cassel et Richet n’ont plus qu’à faire un copier-coller tellement les faits réels sont holywoodiens. Ils jouent donc le jeu, de façon superbe, sans se défiler.

 

- Avec Besse, alias Mathieu Amalric -

 

 

 

 

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