- par Jérôme Cassé- - pas de recette miracle -Loin de se renouveler, les comédies françaises pêchent souvent par manque d’originalité. Trentenaires perdus dans des histoires amoureuses ou couples dans la quarantaine en voie de perdition, les thèmes favoris de nos scénaristes de l’Hexagone se coupent et se recoupent. Avec Vilaine, Jean-Patrick Benes et Allan Mauduit ont visiblement cherché à explorer d’autres univers, en tentant sans doute de faire immerger un nouveau genre. Le résultat est un film à mi-chemin entre le travail des Frères Farrelly version Mary A Tout Prix et celui de Jean-Pierre Jeunet avec Le Fabuleux Destin D'Amélie Poulain. Ces films sont devenus des références de par leur qualité mais aussi et surtout du fait qu’ils ont su créer un genre ou tout du moins un style bien particulier. Cependant, comme en cuisine, mélanger deux ingrédients que l’on aime séparément ne vous donnera pas à coup sûr le résultat escompté. Le goût amer ou fade que cela laisse parfois en bouche déçoit à hauteur des espérances légitimes. La recette de Vilaine, si elle a le mérite d’être innovante, m’a malheureusement laissé sur ma faim. - melanie ou amelie ?? -Dès les premières images, les deux compères immergent le spectateur dans un monde à huis-clos façon « Amélie Poulain vit dans un village en plein Paris ». Mélanie, l’héroïne, habite un petit appartement à la déco façon années 1970, situé dans un village (ou une ville moyenne) quelque part en France. Difficile de savoir où exactement, seules les plaques d’immatriculation des voitures nous laissant un indice (en l’occurrence la Dordogne). Très vite, les deux lieux récurrents fréquentés par Mélanie viennent boucler la boucle du monde cloisonné dans lequel elle évolue. Tout tourne autour de la station service où elle travaille et de la maison de retraite de sa grand-mère. Les décors et l’ambiance nous plongent dans un monde édulcoré et rêveur, loin de la morosité ambiante de la banalité des lieux. L’idée a fait ses preuves et fonctionne encore. Notre héroïne est, quant à elle, une réplique de la jeune Amélie version XXL (entendez par-là qu’elle fait quelques kilos de plus), si ce n’est que son principal défaut est d’être trop gentille, ce qui la fait passer pour naïve et stupide au regard des autres. Cet état de fait est la source de tous ses soucis. La comparaison avec le personnage de Jeunet vous semblera encore plus évidente lorsque je vous apprendrai que Mélanie Lupain, l’héroïne, est quasiment l'anagramme d’Amélie Poulain! Une voix suave de narrateur vient ponctuer la rêverie et tente de nous entrainer dans une sorte de conte de fée moderne. Malgré l’impression de déjà-vu qui peut prêter à sourire ou à soupirer, l’effet est là : on attend de voir où les aventures de Mélanie vont bien pouvoir la mener. - pas vilaine a tout prix - Malheureusement la suite, qu'on attendait enthousiasmante, fait vite apparaître certaines faiblesses. Car si la texture « Amélie Poulain » est bien calquée, le côté Mary A Tout Prix est bien moins assumé, faisant de ce film une comédie approximative pour celui qui espère un humour corrosif et politiquement incorrect. A la lecture du dossier de presse, c’est pourtant ce que J-P Benes et A. Mauduit revendiquent, une sorte d’héritage des Frères Farrelly. Difficile à croire, à la vue du film. L’humour est là, certes, mais paraît plutôt gentillet tellement il est convenu. Aucune surprise à attendre, ni même de moments cultes à espérer. Marilou Berry dans le rôle de la petite grosse gentille et naïve ne convainc pas, encore moins lorsqu’elle est sensée devenir une méchante fifille. Faisant la part belle aux mimiques et à l’exagération des expressions du faciès, Marilou Berry en oublie qu'être drôle ne signifie pas être lourde. Prenons un exemple concret et simple tiré de Mary A Tout Prix justement : le regard de Ben Stiller adolescent au moment où le père noir de Mary lui ouvre la porte lorsqu’il vient la chercher pour le bal. Tout est là. Dans Vilaine, le jeu des acteurs tombe dans l'exubérance. La cousine de Mélanie (interprété par Frédérique Bel alias La Blonde de Canal+) et ses copines sont à l’image de l’ensemble des personnages: stéréotypés à outrance. Ce qui finit par lasser. Seul Pierre-François Martin Laval (le PEF des Robins des Bois) tire son épingle du jeu, peut-être parce qu’il est le seul à savoir « faire rire ». C’est un métier qu’on se le dise. Non, Vilaine n'est pas le nouveau Tatie Danielle tanta annoncé, cependant il saura séduire un public friand de cet humour « corrosivement correct », tenté par les fables moderne au ton léger. Les autres y verront avec regret une Amélie Poulain sans magie et une vilaine tentative, méchamment ratée, de les faire rire ![]() - melanie ne fait manifestement pas le poids -
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