- par Jérôme CASSE -
En 2004, la plupart d’entre nous découvrait dans les salles obscures un héros d’un genre nouveau. Seuls quelques initiés connaissaient l’existence de ce personnage répondant au doux nom d’Hellboy, « le garçon de l’Enfer », tiré d’un comics américain édité pour la première fois en 1994. Petit monstre rouge trouvé en Irlande par des militaires durant la Seconde Guerre Mondiale, Hellboy est recueilli par un scientifique qui devient alors son père de substitution. Devenu adulte (ou quelque chose comme ça), le costaud est utilisé par le gouvernement américain comme agent dans une unité secrète ayant pour missions d’empêcher, d’une part, que la population apprenne l’existence de monstres en tout genre et d’autre part, d’éliminer certaines de ces créatures qui se montreraient trop belliqueuses. Tout un programme ! Après avoir vaincu moults monstres féroces dans sa première aventure, le revoilà donc, toujours mis en scène par Guillermo Del Toro, bien connu aujourd’hui pour être le réalisateur du Labyrinthe de Pan. Une suite très attendue des fans du gros balèze rouge et des curieux en tout genre. - un régal visuel -Comme bien souvent dans ce genre de suite, le réalisateur et probablement les producteurs reprennent la recette qui marche : un anti-héros costaud et grognon à l’humour fusant, du genre à cogner d'abord et réfléchir ensuite. Encore un bon prétexte pour toujours plus de cascades, de scènes de bagarres et autres affrontements titanesques. On en a pris l’habitude. Ça agacera certains et ravira les autres. Les seconds seront même aux anges car Hellboy II, Les Légions D'Or Maudites est visuellement et techniquement parfait. Les effets spéciaux numériques s’intègrent idéalement à tous les éléments qui n’en sont pas. Parmi ceux-ci, les décors, dessinés initialement par Del Toro, sont simplement sublimes, mélangeant le réalisme à l’onirisme d’un monde de contes de fées et de légende. Le réalisateur mexicain prouve une fois de plus qu’il sait plonger le spectateur dans un autre univers : celui des elfes, des trolls et des légendes celtiques. Les personnages sont également d’une "beauté" ahurissante. Entendez par-là que même lorsqu'il s'agit de monstres hideux, on ne peut s’empêcher de les admirer. Les nouveaux venus parmi les protagonistes sont d'un intérêt certain. Mention spéciale au Dr Krauss, trouvaille originale que cet ectoplasme à la discipline germanique, dont le costume semble inspiré de l'oeuvre de Jules Verne. Mais si la première moitié du film fascine presque, la deuxième lasse, au fur et à mesure du déroulement d'une intrigue qui peine à avancer sereinement. - ô cruels dilemmes -Assommée par la multitude d’effets visuels et la vaine tentative d'épaississement des personnages (à grands renforts de scènes conjugales ou pseudo-psychologiques proches du ridicule), l’histoire perd peu à peu de son intérêt, passant presque au second plan. Hellboy vit un amour basique avec l’une de ses collègues de la première heure, l’enflammée Liz Sherman. Pour donner un peu plus de consistance au couple, rien de tel qu’une bonne prise de tête pour commencer, qui servira par la suite de fil rouge aux interrogations de notre héros sur les relations amoureuses. Plus tard, celui-ci est confronté à un autre problème: choisir entre la sauvegarde d'une humanité qui le rejette ou décider de rejoindre le camp des créatures de l’ombre, qu’il combat. Puis, ce sera au tour de la belle Liz d’être confrontée à un cruel dilemme, à savoir choisir entre la vie de son amoureux de monstre ou celle de la population mondiale. Abraham Sapien, l’homme-Poisson (et comparse d’Hellboy) n’est pas en reste puisque lui aussi va vivre des moments peu enviables après avoir rencontré l’amour. - quand hellboy s'embrouille, attention les degats - Bref, un certain nombre de petites sous-intrigues viennent se greffer à la principale. Je me tairais sur le contenu de celle-ci pour mieux vous laisser la découvrir et, si j’osais le dire, vous laisser les quelques miettes qu’il en reste. Ces scennettes ne parviennent, au final, qu’à embrouiller le spectateur et à le plonger dans un imbroglio narratif épuisant. La lassitude gagne trop rapidement du terrain et l’émerveillement des premières images laisse place à l’envie d’en finir (avec le film bien évidemment). Hellboy II, Les Légions D’Or Maudites reste toutefois un bon divertissement, pour les plus jeunes et les moins exigeants qui sauront se laisser surprendre par la féérie et la beauté visuelle de cet opus 2 ![]() - hellboy et sa bande de joyeux drilles -
©CULTURCLUB.COM - Toute reproduction strictement interdite sans accord
|
|



